Oubliez les sommets habituels sur les terres arides ou les conférences policées en ville : cette fois, c’est l’océan qui convoque ses défenseurs. Brest s’apprête à devenir le centre du monde maritime début 2022, à l’occasion d’un événement d’ampleur internationale confirmé par Richard Ferrand, député du Finistère et Président de l’Assemblée nationale. Le One Ocean Summit, premier sommet international consacré exclusivement aux océans et aux mers, s’invite dans la cité bretonne. Mais au-delà du symbole, que vise réellement ce rendez-vous et pourquoi Brest s’impose-t-elle comme le théâtre idéal de cette mobilisation mondiale ?
Définir un cadre de protection des eaux internationales
Le One Ocean Summit rassemblera scientifiques, représentants économiques et délégation des Nations unies pour s’attaquer à un défi de taille : la préservation de l’océan à l’échelle globale. L’objectif n’est pas de rester dans l’incantation, mais de débattre de solutions concrètes, qu’elles soient scientifiques ou juridiques, pour mieux protéger les eaux internationales.
À partir de 200 milles marins, soit environ 370 kilomètres depuis les côtes, commence la haute mer. Ces vastes étendues couvrent près de 70 % de la surface maritime mondiale. Leur particularité ? Elles n’appartiennent à aucune nation, deviennent facilement des zones grises où le droit peine à s’imposer. D’où l’enjeu : réfléchir à de nouveaux instruments juridiques pour encadrer ces espaces et contrer les dérives, de la pêche illégale aux tensions géopolitiques qui s’y jouent à huis clos.
Ce sommet n’arrive pas par hasard. L’absence d’une autorité internationale forte laisse le champ libre à toutes sortes d’agissements douteux. C’est pour enrayer cette dérive que Brest accueillera ce rendez-vous, dans la droite ligne d’initiatives déjà lancées ailleurs. Plus tôt en 2021, Paris avait déjà organisé une conférence sur la lutte contre la désertification dans onze pays du sud du Sahara, preuve que la question écologique s’impose désormais dans les agendas politiques, et que les Nations unies entendent jouer un rôle moteur.
Brest, une référence en matière d’études marines
La France, grâce à ses territoires d’outre-mer, possède la plus grande superficie maritime d’Europe et la deuxième du globe. Mais certaines régions tirent leur épingle du jeu par leur expertise, et Brest figure en haut de la liste. La ville abrite le Musée national de la Marine et s’est dotée d’un solide tissu d’associations dédiées à la préservation des océans. Ce n’est pas un hasard : Brest concentre aussi l’une des plus fortes densités d’experts en sciences marines.
La mobilisation autour de la protection des mers y est ancienne. Lors du G7 parlementaire de septembre 2019, les présidents des parlements des pays membres s’étaient retrouvés à Brest pour une déclaration commune sur l’urgence de protéger les océans, reconnus comme « bien commun ».
Le choix de la ville pour accueillir le One Ocean Summit ne doit rien au hasard. Dès que la tenue d’un sommet en France a été évoquée, le maire de Brest, François Cuillandre, a pris les devants. Le 7 septembre, il adressait déjà un courrier au Président de la République pour défendre la candidature de sa ville, convaincu que Brest avait toute légitimité à porter ce débat mondial.
Une autre conférence liée à la protection des océans
Après Brest, un autre temps fort attend la communauté internationale. La deuxième conférence des Nations Unies sur les océans se tiendra à Lisbonne, du 27 juin au 1er juillet 2022, coorganisée par le Kenya et le Portugal. Initialement prévue en 2020, cette rencontre a été reportée à plusieurs reprises du fait de la pandémie de COVID-19.
L’Assemblée Générale des Nations unies a officialisé la nouvelle date le 9 septembre 2021. Le sommet de Brest, quant à lui, pourrait bien servir de tremplin pour préparer les discussions de Lisbonne. Deux rendez-vous pour une même urgence : remettre les océans au cœur des priorités mondiales, avant que le bleu ne vire au gris sur nos cartes et dans nos consciences.

